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  • Dominique BOUR

Je crains les Grecs surtout quand ils font des cadeaux

Le regard attiré vers le sommet des arbres, accroupi, immobile il scrute la canopée. Ainsi dans ce linceul qui parfois le protège et plus souvent t’inquiète, une ombre inhabituelle vient de se profiler,

Malgré l’obscurité propice aux aléas il nage comme un poisson dans ce giron natif, clos comme un utérus.

Les visites sont rares et jamais bienvenues.

Pourtant, des intrusions semblent se succéder.

Recouverts de feuillages aux étranges couleurs, gesticulants sans cesse en émettant des sons très doux et monotones, ces immenses cadavres, ,blancs comme les clairs de lune que parfois il observe dans les trouées des arbres, déposent des objets, inutiles, insolites .

Timeo danaes et dona ferintes. S’il n’a pas la culture, il en connait l’usage. Salut

Qu’ont ils à apporter, que peut-il leur donner, car tout ce qu’il possède est dans cette nature qui l’abrite, le nourrit parfois même le soigne.

Il rampe puis il grimpe, enfin s’agrippe aux arbres. Là, tout près du feuillage un de ses géniteurs lui montre ce qu’enfin il lui faudra savoir. N’a-t-il pas à construire dans ses fosses nasales comme des fioles antiques un étalage unique des plantes qui l’entourent. Chacune a son odeur, chacune a son toucher chacune a sa couleur et quand à y goûter il n’en est pas question avant d’en être instruit

Peut-il s’imaginer que le précieux savoir que pendant son enfance et de façon orale son cerveau a acquis dans son apprentissage une richesse intime, un grand laboratoire.oui, le mot est lâché, il vient de le comprendre. Il lui faudra subir un interrogatoire. Et, bien évidemment, Accaparées par l’homme qui se dit ethnologue, mot qu’il ne comprend pas mais qu’il pense innocente celui qui le dérange et dit le protéger, ses connaissances uniques de la pharmacopée, vont venir enrichir toute cette industrie

Qu’a-t-il à perdre en somme?

De le communiquer, ce savoir n’est-ce pas en vrai une avancée ?

Oui, cela semble un bien que de le diffuser mais pourquoi, mais pour qui ?

Cette crainte ancestrale, destruction programmée de son environnement, il ne peut s’y soustraire.

Enfin civilisé, Il deviendra un jour un immatriculé qui pour soigner un rhume que jamais il n’avait, devra faire un parcours que l’on dit de santé

Dans un monde qui crée de la pathologie, pour la contrecarrer avec la pharmacie, qu’a-t-il à y gagner.

Mais gagner est un mot qu’il n’a jamais appris au contraire de ceux venus le déloger.

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